Enquête : Comment la « Cinquième Colonne » de 2018 est démantelée au cœur de la Haute Cour Militaire

L’appareil sécuritaire de la République Démocratique du Congo traverse sa plus grande secousse structurelle depuis la transition de 2019. Derrière les portes closes de la Haute Cour Militaire à Kinshasa, le procès historique visant l’ancien chef d’état-major général, le général d’armée Christian Tshiwewe, ainsi que plusieurs officiers généraux et supérieurs, lève le voile sur une réalité longtemps étouffée : l’existence d’une « cinquième colonne » méthodiquement installée avant l’alternance politique. Enquête exclusive sur un basculement de pouvoir où la technologie de pointe, la traçabilité financière et les récentes orientations du Conseil Supérieur de Défense mettent en échec le dernier verrou du clan Kabila.

Le piège de 2018 : L’infrastructure d’un pouvoir parallèle

Pour comprendre la crise actuelle, il faut remonter à la fin de l’année 2018. À la veille de la passation de pouvoir, les dernières ordonnances présidentielles de Joseph Kabila réorganisant les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et le Conseil Supérieur de Défense n’avaient rien d’une simple routine administrative.

Les investigations confirment qu’il s’agissait d’un plan de verrouillage à double tour. L’objectif ? Réduire drastiquement l’autorité constitutionnelle du successeur, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, en figeant une chaîne de commandement inféodée à l’ancien régime. Ce dispositif invisible mais omniprésent une véritable cinquième colonne avait été conçu comme une assurance-vie sécuritaire, prête à s’activer au cas où un retour au pouvoir par les urnes s’avérerait impossible pour le clan sortant. Face à cette menace latente, le Président Tshisekedi a choisi le temps long et la méthode chirurgicale, évitant l’affrontement frontal pour dégonfler le piège pièce par pièce.

Le Conseil Supérieur de Défense et le CNC : Les cerveaux de la contre-offensive

Le point de bascule de ce démantèlement s’est accéléré lors des récentes sessions stratégiques du Conseil Supérieur de Défense, sous l’impulsion directe du Chef de l’État. C’est au sein de cette instance qu’a été actée une restructuration profonde, donnant le feu vert opérationnel au Conseil National de Cyberdéfense (CNC) dont la conduite des opérations furent confiées à Jean Julien LIONGO MOMANZA, Assistant Principal en charge du Cyber-renseignement.
Loin d’être de simples ajustements de personnel, ces mouvements récents marquent la reprise en main définitive de l’appareil de renseignement par des sécurocrates loyaux, formés aux méthodes modernes d’investigation.
• Le coup de filet : Ce pivot technologique a permis l’arrestation successive de dizaines de hauts gradés.
• Les chefs d’accusation : Les mandats d’arrêt provisoires et les instructions évoquent désormais des charges accablantes : complot contre le Chef de l’État, trahison, violation de consignes et détention d’arsenaux de guerre impressionnants saisis au cœur même de la capitale.

Révélations d’audience : La panique de la défense sur le fond du dossier

Le procès qui se déroule actuellement devant la Haute Cour Militaire confirme la solidité de la stratégie des sécurocrates. Selon des sources judiciaires proches du dossier, la ligne de défense choisie par les collectifs d’avocats des généraux prévenus trahirait une détresse manifeste.
Les avocats concentrent la totalité de leurs attaques sur la forme de la procédure, tentant désespérément de faire écarter les procès-verbaux d’audition établis par les OPJ en détachement au CNC. Aucun argument sérieux n’est opposé sur le fond. Et pour cause : les preuves matérielles fournies par le CNC extractions de conversations chiffrées (notamment WhatsApp), bornages téléphoniques et saisies d’armes sont indiscutables.
Plus confondant encore, les capteurs déployés par les experts du Cyber-renseignement ont intercepté des flux financiers suspects circulant en marge des Cours et Tribunaux. Ces capitaux occultes étaient injectés pour tenter d’acheter la liberté provisoire de certains officiers supérieurs incarcérés. Nos sources indiquent qu’un dispositif d’interpellation est d’ores et déjà opérationnel pour cueillir les corrupteurs et les magistrats intermédiaires tentés par ces transactions de l’ombre. Face à cela, les juges chevronnés de la Haute Cour ont choisi de préserver l’honneur de leur carrière plutôt que de céder aux sirènes de la corruption.

Scénarios prospectifs : Vers quelle issue militaire ?

Le démantèlement complet de cette structure parallèle prive définitivement Joseph Kabila de ses leviers d’influence et de ses espoirs d’un retour de force. À l’issue de ce feuilleton judiciaire, trois grands scénarios se dessinent pour l’avenir de la défense nationale en RDC :
1. Le scénario de l’inflexibilité républicaine (Haute Probabilité) : La Haute Cour Militaire prononce des condamnations historiques et exemplaires. Ce verdict valide juridiquement la purge des réseaux de l’ancien régime et envoie un message de dissuasion absolue à quiconque tenterait de fragiliser les institutions démocratiques de l’intérieur.
2. Le scénario du compromis politique sous contrainte : Après le prononcé du verdict, le pouvoir exécutif utilise la grâce ou des commutations de peines pour éloigner définitivement ces officiers du territoire ou les astreindre à une retraite politique surveillée, neutralisant leur pouvoir de nuisance sans créer de remous majeurs au sein des troupes.
3. Le scénario de la refondation technologique totale : Ce procès sert de jurisprudence pour accélérer la mise en œuvre de la Loi de programmation militaire. L’armée se déleste définitivement de ses vieilles querelles de factions pour basculer vers un modèle républicain moderne, où le renseignement électronique (Cyberdéfense) devient le cœur de la doctrine de Sécurité nationale.

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