TRAJECTOIRE REBELLE ET LEGITIMITE POLITIQUE EN RDC

LE CAS MOÏSE NYARUGABO

TRAJECTOIRE REBELLE ET LEGITIMITE POLITIQUE EN RDC

TRAJECTOIRE REBELLE ET LEGITIMITE POLITIQUE EN RDC

Moïse Nyarugabo s’inscrit dans une dynamique d’infiltration durable de l’État congolais par des personnes à identités multiples, phénomène observé depuis l’arrivée de Mzee Laurent-Désiré Kabila.

À partir de cette période, le Rwanda aurait activé des mécanismes méthodiques de déstabilisation de la RDC, fondés sur des accords rompus, des réseaux discrets et une stratégie de long terme. Depuis des décennies, Kigali travaillerait sur une carte non officielle de son expansion territoriale, attendant le moment opportun pour imposer un projet de division du Congo. Déjà sous Mobutu, des émissaires rwandais auraient été envoyés en RDC pour y grandir, étudié, se former notamment en droit à Lubumbashi afin de maîtriser les rouages de l’administration et du pouvoir congolais sur toute l’étendue du territoire.

Dans ce schéma dissimulé, Moïse Nyarugabo ayant bénéficié des avantages lui offert par la RDC (ex. Zaïre), maitrisant parfaitement son plan politique va travailler avec Kagame pour exécuter leur projet de déstabilisation de la RDC.

Cependant, son penchant soulève des questions fondamentales sur ses véritables motivations et les intérêts réels qu’il défend. À quel point Nyarugabo, qui se dit Tutsi-congolais, peut-il réellement prétendre être un acteur politique congolais tout en agissant en faveur des intérêts Rwandais de Paul Kagame ?

Moïse Nyarugabo, comme tout acteur politique, doit être évalué à l’un de ses actes passés et présents. Il se dit Congolais. Cela n’est pas contesté juridiquement. Mais son parcours politique soulève une interrogation profonde : peut-on parler de patriotisme lorsque l’on s’inscrit à répétition dans des dynamiques de rébellions armées, souvent synonymes de chaos, de souffrances civiles et d’affaiblissement de l’État ? Des rébellions qui ont plongé la RDC dans des décennies de guerre, de pillages et de fragmentation territoriale. Ce qui ralentit énormément le développement du pays sur le plan politique, sécuritaire et social jusqu’à nos jours.

Étant Député national dans la législature de 2019 à 2023, son activité révèle une contribution négative parlementaire notamment :

les votes contre :
- ‎Les 45, 46 et 48 prorogations de l’état de siège dans une partie du territoire national ;
- Le projet de loi autorisant la ratification de l’accord conclu entre la RDC et Trade and
Développent Bank au titre de financement pour la construction du Centre financier de
Kinshasa ;
- Le projet de loi portant reddition des comptes pour l’exercice 2021 ;
Et à l’hémicycle de l’Assemblée nationale, son combat portait sur la défense des
intérêts du groupe rebelles M23, l’autonomisation des terres à Minembwe et de
l’obtention des identités pour les Banyamulenges.

À travers son parcours tumultueux, Nyarugabo met en avant l’égoïsme d’un groupe de réfugiés qui, bien que jouissant de privilèges dans le pays d’accueil, semble souvent ignorer sa place dans cette société. La rébellion, loin d’être un acte de bravoure, se perçoit comme un reflet de l’ambition démesurée d’un homme déterminé à capitaliser sur la fragilité d’un pays déjà meurtri.

Sous Joseph Kabila, loin d’une rupture, ce système a été stabilisé par l’intégration des anciens chefs rebelles dans les institutions, normalisant l’impunité et rendant la paix précaire.
Parrain des armées Rebelles depuis 1996. Il ne doute pas de Kabila père par conviction historique profonde. Il utilise ce discours pour justifier son passage du camp Kabila vers les mouvements rebelles de l’époque, et pour se donner une image de lucidité politique. Lorsqu’un même individu traverse presque toutes les grandes rébellions de l’Est depuis plus de 25 ans, on ne peut plus parler de simple coïncidence. Qu’il signe fondateur, cofondateur ou simple idéologue, ça ne change rien. Son ADN politique est rebelle. Depuis 1996, il est du côté de ceux qui prennent les armes contre la RDC. Un homme qui n’a jamais choisi la République ne peut pas se cacher derrière des discours. C’est une question de trajectoire, sa trajectoire est rebelle pas républicaine.

Un éveil patriotique, c’est un peuple qui ouvre les yeux sur son pouvoir. Il ne crie pas, il observe, il réfléchit et il choisit en conscience. Elle ne consiste donc pas à haïr, à exclure ou à appeler à la violence. Il se manifeste par une obligation civique de remettre en cause, d’étudier les parcours et d’exiger que les promesses se traduisent en actes. Le peuple congolais a le droit de s’interroger sur le parcours, les alliances et les convictions profondes de ceux qui aspirent à diriger la nation.