Enquête : Comment les actifs de l’État congolais ont été siphonnés au profit d’intérêts privés sous l’ère Kabila

Une ordonnance de confiscation du Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe lève le voile sur le scandale « CONGO MANAGEMENT » (COMAN). Derrière un réseau d’associés de façade et de fraudes documentaires, les dividendes de la SICOHYDRO alimentaient des circuits opaques, illustrant le pillage du patrimoine public face auquel le Président Félix Tshisekedi mène aujourd’hui un combat frontal.

Une escroquerie en bande organisée au cœur du secteur énergétique

Le dossier judiciaire est désormais public et les chiffres donnent le vertige. L’instruction pénale ouverte au Parquet de Grande Instance de Kinshasa/Gombe sous le dossier RMP 51076/PR021/BAS met à nu un système de prédation des actifs étatiques d’une rare audace. Au centre de ce scandale : la société privée CONGO MANAGEMENT (COMAN).

Alors que la République Démocratique du Congo (RDC) ne disposait que de 25 % de parts sociales au sein de la SICOHYDRO SARL, une anomalie flagrante a interpellé les enquêteurs : COMAN s’était approprié, à elle seule, 15 % de ces participations. En comparaison, les géants du portefeuille de l’État que sont la GÉCAMINES et la SNEL ont été relégués au second plan, ne détenant ensemble qu’un maigre 10 %.

Rien ne justifiait qu’une structure privée occulte capte la part du lion d’un projet hydroélectrique stratégique, au détriment des opérateurs étatiques historiques. La justice congolaise est formelle : il s’agit d’une « escroquerie en bande organisée commise au préjudice de la RDC ».

Le système des prêtes-noms et le circuit du blanchiment

L’enquête cyber et sécuritaire menée par les services de l’État a rapidement brisé l’écran de fumée juridique monté par COMAN. Les statuts de la société présentaient deux associés statutaires : Serge Mbuya Kilobo et Bernard Katumba Kitenge. Problème : ces individus n’ont aucune adresse connue en RDC et leurs identités réelles restent floues.

La dissimulation et le déguisement de la propriété réelle des actifs constituaient en réalité une opération de blanchiment de capitaux, en violation flagrante des articles 4.2 et 124 de la loi n°22/068 du 27 décembre 2022.

L’instruction a révélé le véritable bénéficiaire de cette architecture financière : Joseph Kabila. Sur une enveloppe globale de 22 000 000 USD de dividendes générés, un acompte de 4 000 000 USD a été directement perçu par Moïse Ekanga, agissant sur instruction expresse de l’ancien Chef de l’État.

De la criminalité financière aux menaces contre la sûreté de l’État

Ce dossier dépasse le cadre du simple délit financier pour toucher aux intérêts fondamentaux de la nation. Les investigations sécuritaires établissent que les fonds générés par COMAN servaient de maillon financier pour la déstabilisation du territoire national.
Au vu des éléments de l’instruction, la justice retient l’infraction de financement du terrorisme (prévue par les articles 7 et 131 de la loi du 27 décembre 2022). Les dividendes de la COMAN sont directement suspectés d’alimenter les activités de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), dont Joseph Kabila est désigné comme le patron.

Contre-attaque judiciaire et fraudes de dernière minute

La riposte de l’État n’a pas tardé. Par son ordonnance n°054/D.15/2025 du 9 octobre 2025, le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe a ordonné :

1. La confiscation des 15 % de parts sociales détenues par COMAN dans SICOHYDRO.
2. La saisie de 18 000 000 USD de dividendes non encore perçus.

Pris de panique, le réseau de prédation a tenté une manœuvre désespérée pour entraver l’action de la justice. Le 10 octobre 2025, soit 24 heures seulement après la sentence du tribunal, la société s’est fait délivrer par le Directeur Général du Guichet Unique de Création d’Entreprise (GUCE), Amisi Herady, un acte de modification du Registre de Commerce (RCCM).

Cette modification reposait sur un acte notarié non signé par le comparant (Me Steve Kingala Elonga) et un faux procès-verbal d’Assemblée Générale. L’objectif ? Simuler une cession totale des parts à une tierce personne, Emmanuelle Massudi Makasabu, utilisée aujourd’hui comme bouclier juridique pour bloquer l’exécution de la confiscation.

Le combat de Félix Tshisekedi pour le patrimoine national

Face à ces réseaux criminels qui tentent d’instrumentaliser l’administration publique, la détermination du pouvoir actuel reste entière. C’est tout le sens du combat mené par le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo pour la protection stricte du patrimoine de l’État et la fin de l’impunité des élites déchues.
Pour matérialiser cette reprise en main, le gouvernement est passé à la vitesse supérieure. Par l’Arrêté Ministériel N° 10°/CAB/ME/MIN/J&GS/2026 du 10 avril 2026, une Commission spéciale a été officiellement créée. Sa mission est claire et sans appel : balayer les artifices juridiques de COMAN et matérialiser l’exécution forcée des ordonnances de confiscation au profit du Trésor public. L’ère de la prédation à ciel ouvert vit ses dernières heures.

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